
Les deux candidats à la succession de François Legault à la tête de la Coalition Avenir Québec se sont affrontés samedi lors d’un deuxième et dernier débat, un exercice qui pourrait s’avérer déterminant dans la course à la direction du parti et, par le fait même, au poste de premier ministre du Québec.
Bernard Drainville et Éric Fréchette ont croisé le fer pendant près de deux heures devant un auditoire de militants attentifs, abordant des thèmes allant de l’économie à l’identité québécoise en passant par la santé et l’éducation. Le ton était nettement plus combatif que lors du premier débat, chacun des candidats cherchant à se démarquer à l’approche du vote des membres.
M. Drainville, ancien ministre de l’Éducation et figure bien connue de la politique québécoise, a insisté sur son expérience gouvernementale et sa capacité à diriger le parti dans une période de turbulences. « Le Québec a besoin d’un leader qui connaît les rouages du pouvoir et qui peut livrer des résultats dès le premier jour », a-t-il lancé en ouverture de débat.

De son côté, M. Fréchette a plaidé pour un renouvellement en profondeur du parti, arguant que la CAQ a besoin de sang neuf pour reconquérir la confiance des électeurs. « Les Québécois nous ont envoyé un message clair : ils veulent du changement, pas le statu quo habillé différemment », a-t-il affirmé, en référence aux sondages défavorables que le parti a connus ces derniers mois.
La question économique a dominé une bonne partie des échanges. Les deux candidats ont reconnu que le Québec fait face à des défis importants en matière d’inflation, de pénurie de main-d’œuvre et de productivité. Toutefois, leurs approches divergent considérablement. Alors que M. Drainville mise sur la continuité des politiques de développement économique du gouvernement Legault, M. Fréchette propose des réformes plus audacieuses, notamment une refonte de la fiscalité des entreprises et un investissement massif dans l’intelligence artificielle et les technologies vertes.
En matière de santé, les deux prétendants ont admis que le système demeure en difficulté malgré les investissements réalisés sous le gouvernement Legault. Le réseau hospitalier continue de souffrir de délais d’attente excessifs et d’une pénurie chronique de personnel soignant, un enjeu qui préoccupe au premier chef les électeurs québécois.

La question linguistique, toujours sensible au Québec, a également fait l’objet d’un vif échange. M. Drainville a défendu le bilan de la loi 96, dont il a été l’un des artisans, tandis que M. Fréchette a suggéré que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour protéger le français dans la métropole montréalaise.
Les analystes politiques estiment que ce débat pourrait avoir un impact significatif sur les indécis au sein du parti. Selon un sondage interne obtenu par les médias, la course est extrêmement serrée, avec un écart de moins de cinq points entre les deux candidats.
Le vote des membres se poursuivra au cours des prochaines semaines, avec un résultat attendu au début du mois d’avril. Le vainqueur héritera d’un parti en quête de renouveau, confronté à une opposition libérale et solidaire qui a gagné du terrain dans les intentions de vote depuis les dernières élections générales.
Source : Global News, Radio-Canada, La Presse


