Montréal, 10 décembre — La compagnie canadienne Air Transat et le syndicat représentant quelque 750 pilotes sont parvenus, mardi soir, à un accord de principe, évitant in extremis une grève qui menaçait de perturber fortement le trafic aérien à l’approche de la période des fêtes.
Transat A.T. Inc., maison mère du transporteur, a annoncé que les deux parties s’étaient entendues environ huit heures avant l’échéance fixée par le syndicat pour déclencher un arrêt de travail. Aucune précision n’a été fournie sur le contenu de l’accord, qui sera soumis au vote des pilotes dans les prochains jours.
Dans le contexte de cette négociation tendue, Air Transat avait annulé par précaution au moins 18 vols prévus mardi et mercredi, affectant plusieurs milliers de voyageurs. La compagnie a indiqué chercher désormais à rétablir progressivement son programme, notamment vers le Mexique, la République dominicaine, le Pérou, l’Espagne ainsi que Londres et Paris.
« Nous préférions de loin éviter une interruption de travail », a déclaré Annick Guérard, présidente-directrice générale de Transat. Elle a présenté ses excuses aux clients touchés par les perturbations, affirmant que la priorité de l’entreprise est désormais de « rétablir rapidement les opérations et de garantir un service conforme à nos engagements ».
Le syndicat ALPA (Air Line Pilots Association) réclamait une revalorisation salariale, davantage de sécurité d’emploi et une amélioration des conditions de travail, estimant que la convention actuelle accuse un retard important par rapport aux standards nord-américains. Son président, le commandant Bradley Small, a estimé que l’accord « répond aux attentes de la profession et s’inscrit dans la lignée des ententes récemment conclues par d’autres groupes de pilotes ».
Cet accord intervient alors que Transat traverse une période délicate. La société affiche un lourd endettement et n’a pas enregistré de bénéfices annuels depuis 2018. Elle fait également face aux pressions d’un actionnaire influent, Pierre Karl Péladeau, qui réclame une réorganisation du conseil d’administration.
La menace de grève avait déjà entraîné de nombreuses perturbations sur le réseau d’Air Transat, réputée pour ses vols vers les destinations soleil en hiver. Son flotte active d’une quarantaine d’appareils assure plus de 500 vols hebdomadaires.
L’avis de grève de 72 heures émis dimanche par ALPA prévoyait un déclenchement du mouvement dès mercredi à 3 h (heure de l’Est). L’accord de principe conclu mardi soir écarte pour l’instant cette perspective et devrait permettre à la compagnie de stabiliser son programme pour les semaines à venir.


