Selon les plus récentes données de Statistique Canada, le produit intérieur brut (PIB) du pays a progressé de 0,2 % en juillet, après trois mois consécutifs de contraction. Cette reprise est surtout attribuable au dynamisme du secteur minier, de la fabrication et du commerce de gros.
Au deuxième trimestre, l’économie canadienne avait reculé de 1,6 % en rythme annualisé. Les économistes surveillaient donc de près la performance de juillet pour évaluer si le troisième trimestre risquait de connaître deux baisses successives, ce qu’on appelle une « récession technique ». Les estimations préliminaires laissent croire que l’économie a stagné en août, mais aurait évité un recul.
Les analystes sondés par Reuters prévoyaient une croissance de seulement 0,1 % en juillet. Le résultat final, à 0,2 %, a donc dépassé les attentes. Selon Benjamin Reitzes, stratège macroéconomique à la Banque de Montréal (BMO), l’économie canadienne « tient encore le coup », ce qui n’obligera pas la Banque du Canada à réduire immédiatement ses taux d’intérêt. Mais il estime que la faiblesse sous-jacente de l’économie devrait mener à un assouplissement monétaire au cours des prochains mois. La BMO anticipe une pause en octobre, suivie de deux baisses de 25 points de base en décembre et en mars.
Depuis quelques mois, la croissance s’est nettement essoufflée, freinée par les nouveaux tarifs imposés par les États-Unis, qui ont durement touché certains secteurs clés et pesé sur l’investissement des entreprises. La Banque du Canada a d’ailleurs averti que ces perturbations commerciales pourraient s’étendre à d’autres domaines de l’économie.
La croissance de juillet provient surtout des industries productrices de biens, qui représentent environ le quart du PIB. Ce secteur a affiché une hausse de 0,6 %, sa première depuis quatre mois. L’exploitation minière, l’extraction pétrolière et gazière ainsi que l’extraction de carrières ont bondi de 1,4 %, contribuant le plus à la croissance. Le secteur manufacturier a avancé de 0,7 %, représentant la deuxième contribution en importance.
Les services, qui comptent pour les trois quarts de l’économie, ont pour leur part enregistré une croissance modeste de 0,1 %. Le commerce de gros ainsi que le transport et l’entreposage ont progressé de 0,6 % chacun. Le transport par pipeline a particulièrement contribué, avec une hausse de 2,8 %, la plus forte depuis septembre 2022. Le secteur de l’immobilier et de la location a crû de 0,3 %, atteignant un sommet pour un deuxième mois consécutif.
À l’inverse, le commerce de détail a subi la plus forte baisse, reculant de 1 % en juillet après un solide résultat le mois précédent.


